Le Sanatana Dharma

LE BUT DE L’EXISTENCE

Le but de l’existence humaine est de découvrir notre vraie nature, la joie sans contraire, la conscience ‘divine’ qui imprègne toute chose, l’énergie primordiale dont chaque chose est une manifestation particulière… Cette réalisation nous est empêchée par l’identification à l’ego limité et conditionné, qui nous sépare des autres et du tout. La source unique de tous les problèmes, c’est cette ignorance fondamentale de notre vraie nature. Le Divin est présent dans tout ce qui est, animé comme inanimé. «Percevoir l’Unité qui sous-tend tout ce qui existe est non seulement l’essence de la spiritualité mais aussi le moyen de mettre fin à toute souffrance.»

LES RELIGIONS

Les religions ne sont que des moyens, des chemins, des formes, pour nous emmener vers le sans-forme, le brahman, l’absolu, la béatitude éternelle (ânanda), la pure conscience (chit) «la paix qui dépasse toute compréhension», ce que les religions désignent par «Dieu». Il ne peut y avoir, bien évidemment, au final, qu’un seul Dieu! Mais on peut l’atteindre par différentes voies (religions) et formes (dieux) qui correspondent aux différentes caractéristiques psychiques et culturelles des êtres humains. Le plus ancien texte (plus de 5000 ans) du sanatana dharma nous dit : «ekam sat viprâ bahudhâ vadanti» «la vérité est une, exprimée diversement par les sages», parfois traduit par : « Dieu est Un, beaucoup de chemins mènent à Lui ». Rig Veda, 1.164.46

L’HINDOUISME

Ainsi les hindous sont foncièrement tolérants et se réjouissent de la foi des chrétiens, des musulmans, ou de toute autre voie authentique. Ils n’ont aucun intérêt pour le prosélytisme, qu’ils considèrent comme non pertinent et irrespectueux. Passionnés par cette quête d’harmonie et d’absolu, les hindous y ont appliqué toute leur énergie, leur intelligence, et leurs immenses capacités, depuis des millénaires. Des méthodes multiples (yoga, méditation, âyurveda…) ont été mises au point par les sages,les ‘ rishis’ , eux mêmes parvenus au but suprême de la vie humaine, ce bonheur éternel qui ne s’obtient jamais grâce à des choses éphémères mais grâce à ce qui est … éternel.

Ces méthodes sont venues jusqu’à nous, transmises de maitre à disciple, au travers de la plus belle des relations d’amour, celle qui élève, comble et libère de toute dépendance.

L’hindouisme est donc davantage un mode de vie et de pensée qu’une religion organisée avec ses dogmes et ses églises. Contrairement à une idée répandue, l’hindouisme n’est pas polythéiste. Il affirme, d’expérience, l’existence d’un principe unique préexistant, nommé Brahman, qui se décline dans l’infinie diversité de cet univers, en particulier au travers d’une multitude d’êtres humains et de divinités…

Sarvam kalvidam brahman: tout cet univers est brahman.

Aham brahmasmi: je suis brahman (Brihadaranyaka Upanishad)

PERSPECTIVE HISTORIQUE

Les différents courants qui composent le Sanatana Dharma, la loi éternelle en sanskrit, plus connu en Occident sous le nom d’hindouisme, trouvent leur fondement dans l’autorité des Védas, les Ecritures sacrées, dont la rédaction remonte à plus 5000 ans. Le mot Véda provient de la racine sanskrite VID qui signifie «connaître ». Leur propos est de permettre à tout être humain de cultiver sa véritable nature en le guidant dans son quotidien et dans sa quête de la réalisation de Soi.

D’autres textes ont découlé de cette même source du ‘mode d’emploi de la vie’ qu’est le Sanatana Dharma : les Upanishads, les Brahma Sutras et les six systèmes de philosophie (« darshana »), le Ramayana, le célèbre Mahabaratha avec la Bhagavad Gita ou encore les Puranas, les Yoga Sutras de Patanjali, et l’Ashtavakra Gita entre autres.

Historiquement, c’est par les Upanishad que l’Europe découvre la tradition védique, au début du XIXe siècle, grâce à un ouvrage apporté en Europe par le Français Anquetil-Duperron. Tout de suite elles inspirent des intellectuels et des savants par leur mystère et leur sagesse. Parmi ceux-ci le philosophe Arthur Schopenhauer, ainsi que Victor Hugo, qui traduisent partiellement et de façon poétique la Kena Upanishad dans La Légende des siècles sous le titre « Suprématie ».

Mais c’est surtout à l’introduction du Vedanta en Occident par Swami Vivekananda, disciple de Śrī Ramakrishna, en 1893, que nous devons la découverte de la tradition védique.

Son œuvre fut diffusée au public français par l’intermédiaire de Romain Rolland, qui publia un ouvrage remarqué sur la vie de Vivekananda et l’Évangile universel ; et par Jean Herbert, qui fit des traductions de plusieurs de ses ouvrages et les édita.

Différents maîtres indiens sont venus en Occident sur les traces de Vivekananda, à partir du second tiers du XX° siècle, ainsi les valeurs et les pratiques issues de la connaissance des Védas se sont-elles largement répandues dans le monde entier. La Bhagavad-gītā est, aujourd’hui, l’Écriture la plus traduite au monde après la Bible.

Le nombre de pratiquants spirituels en France ayant pour fondement de leur philosophie les Védas est en expansion. A la communauté hindoue qui rassemble 170 000 membres, s’ajoute un nombre croissant de personnes, plusieurs dizaines de milliers, dont la philosophie de vie s’inspire du Sanatana Dharma.

On observe un intérêt grandissant en Occident pour des pratiques qui sont issues de la connaissance védique  telles que le yoga, l’ayurvéda (médecine traditionnelle basée sur la recherche de la santé parfaite et la prévention de la maladie), le vastu (architecture), le chant védique ou les mathématiques védiques. Aujourd’hui, l’astrophysique moderne elle-même confirme la cosmogonie védique.

Dans l’application de toutes ces sciences qui placent l’expérience plus que la doctrine en leur centre, le but et le chemin sont le même : atteindre un bien-être, un épanouissement qui peut s’offrir à l’homme à condition qu’il vive en accord avec les lois de l’harmonie universelle, ou Dharma. La conception du dharma est une vision intégrale du monde au sein de laquelle chacun a un rôle qui lui revient de façon naturelle dans l’économie de la société, selon sa nature et le potentiel qu’il lui appartient de développer.

La tradition védique encourage la tolérance envers toutes les religions qu’elle considère comme des voies d’accès à la spiritualité. L’une des valeurs humaines essentielles qu’elle prône est l’ahimsa, la non-violence envers tous les êtres, y compris ceux qui appartiennent au royaume animal, d’où le principe de l’alimentation végétarienne.

La méditation est l’âme de la tradition védique, parce qu’elle ouvre un espace de connexion à la véritable nature de l’être humain, à son potentiel divin. On estime qu’en France, les pratiquants de yoga sont actuellement plus de deux millions, et leur nombre augmente chaque année. Les vertus du yoga et de la méditation en pleine croissance dans le monde, sont largement reconnues également dans la société laïque.

En effet, la méditation, le chant de mantras et le hatha yoga ne sont pas uniquement présentés comme des moyens de rejoindre l’Absolu divin, mais aussi comme des outils permettant de maîtriser le « mental », de trouver un équilibre physique et psychique,

d’atteindre une meilleure qualité de vie. Le yoga s’offre à tout le monde comme une auto-discipline qui vise « le développement de soi » : il montre la voie vers la paix avec le propre soi, le monde, la nature, et Dieu.

La journée internationale du yoga est largement célébrée sur tous les continents, les revues traitant du yoga s’adressent aujourd’hui à un large public. Comme le disait Sri Chinmoy lorsqu’il commença à développer un réseau transnational de centres de méditation en commençant par enseigner celle-ci à New York, auprès du personnel de l’ONU, « il n’y a pas autant de différence que l’on croit entre religion orientale et religion occidentale […] la véritable spiritualité, elle, ne connaît aucune barrière géographique. Elle œuvre pour la paix dans le monde ».

Chaque année, 40 000 personnes en France reçoivent l’étreinte de Mata Amritanandamayi Devi qui illustre par son exemple la voie du service désintéressé dont elle fait le cœur de son enseignement et qui est aussi une composante essentielle de la tradition védique. Chaque année les festivals de Ratha Yatra et de Ganesh rassemblent à Paris près de 50 000 personnes.

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